Maladies des choux : ces taches, pourritures et racines gonflées ne doivent pas être ignorées

Maladies des choux : ces taches, pourritures et racines gonflées ne doivent pas être ignorées

Une tache noire sur une feuille, un chou-fleur qui brunit, un plant qui jaunit ou des racines boursouflées n’appellent pas la même réponse. Les maladies des choux touchent les choux pommés, les brocolis, les choux-fleurs, les choux de Bruxelles et d’autres Brassicacées, souvent après une période humide ou dans un sol mal ressuyé. L’observation de l’organe atteint et de l’aspect précis des symptômes aide à agir rapidement, sans confondre champignon, bactérie, ravageur ou simple stress de culture.

Commencer par lire les symptômes au bon endroit

Avant d’intervenir, examinez plusieurs plants, le dessus et le revers des feuilles, le collet, puis les racines d’un sujet affaibli. Une maladie se manifeste rarement de manière isolée : sa progression dans la planche, la météo récente et l’état du sol fournissent des indices utiles. Évitez de conclure à partir d’une seule feuille abîmée par le vent ou les limaces. Un examen comparé permet de repérer une évolution commune et de mieux cibler l’action.

Quiz sur les maladies des choux

Testez vos connaissances sur les principaux symptômes et les gestes de prévention.

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Corrections et explications

1Quelle distinction permet de différencier une maladie d’un ravageur ?
2Quel symptôme est associé à l’alternariose du chou ?
3Lequel de ces éléments correspond au mildiou du chou ?
4Comment classer la bactériose dans ce quiz ?
5Quel symptôme évoque la hernie du chou ?
6Quel comportement relève de la prévention des maladies des choux ?
Symptôme dominant Cause probable Action prioritaire
Taches brunes à noires, parfois concentriques Alternariose ou mycosphaerella Retirer les feuilles touchées et limiter l’humidité sur le feuillage
Taches jaunes, duvet sous les feuilles, dessèchement Mildiou Aérer, arroser au pied et éliminer les parties atteintes
Pourriture molle, odeur, zones humides sur la pomme ou les fleurettes Bactériose Écarter rapidement le plant ou l’organe contaminé
Jaunissement, flétrissement, racines épaissies et déformées Hernie du chou Arracher le plant et revoir le drainage, le pH et la rotation
Trous nets, déjections, feuilles grignotées Ravageurs, et non maladie Rechercher chenilles, altises, limaces ou pucerons

Maladie ou ravageur : une distinction essentielle

Les perforations, les bords mangés et les déjections indiquent plutôt une piéride, une noctuelle, une teigne, des altises ou des limaces. Les pucerons cendrés crispent et enroulent les jeunes feuilles. À l’inverse, les taches qui s’étendent sans morsure, les zones aqueuses, les lésions noires et les déformations racinaires évoquent davantage un agent pathogène. Une chenille peut être retirée ou régulée ; un plant atteint de pourriture bactérienne doit surtout être isolé pour limiter la contamination par l’eau et les manipulations.

Les maladies foliaires favorisées par l’humidité

Alternariose : des taches foncées qui gagnent du terrain

L’alternariose est liée à Alternaria brassicae et Alternaria brassicicola. Elle peut toucher le chou pommé, le brocoli et le chou-fleur. Elle forme des taches brun foncé à noires, souvent arrondies et marquées de cercles concentriques. Les feuilles âgées sont fréquemment atteintes en premier, puis se dessèchent lorsque les lésions fusionnent. Retirez les feuilles malades dès leur apparition, ramassez les débris au sol et évitez les arrosages qui mouillent inutilement le feuillage. Ces gestes réduisent les sources de contamination et le maintien d’une humidité excessive.

Mildiou et mycosphaerella : deux visages différents

Le mildiou du chou est favorisé par une atmosphère humide et des températures comprises entre 17 et 25 °C. Il peut provoquer des plages jaunâtres, puis un dessèchement. Observez le revers des feuilles pour détecter un duvet pendant les périodes propices. Le mycosphaerella, causé par Mycosphaerella brassicicola, donne plutôt des taches circulaires brun-gris, avec des ponctuations noires. Celles-ci peuvent atteindre 2 cm. Son développement reste possible entre 0 et 25 °C lorsque l’humidité est saturante et que de l’eau libre persiste sur les feuilles.

La disposition des symptômes laisse une empreinte utile dans la parcelle. Des lésions limitées aux feuilles basses évoquent souvent les éclaboussures du sol, tandis qu’une atteinte répétée dans les rangs les plus serrés signale un microclimat peu ventilé. Après chaque pluie, notez les zones où l’eau stagne, la direction des arrosages et la densité du feuillage. Ces observations aident à corriger la cause, plutôt qu’à retirer uniquement les feuilles tachées.

Pourritures et bactéries : intervenir sans attendre

Les bactérioses des choux à inflorescences concernent particulièrement les brocolis et les choux-fleurs. Des taches graisseuses vert luisant peuvent évoluer vers des lésions noires et des pourritures molles sur les fleurettes ou la pomme. Pseudomonas marginalis et Erwinia carotovora sont associées à ces dégâts. La bactériose est favorisée par des températures comprises entre 10 et 30 °C. Elle se propage notamment avec les projections de pluie ou d’irrigation.

La priorité est l’assainissement de la culture. Retirez les parties touchées seulement si l’atteinte reste localisée. Lorsqu’une pomme, une inflorescence ou le cœur devient mou, éliminez le plant entier sans le composter. Nettoyez les outils après l’intervention et évitez de travailler dans la culture lorsque le feuillage est mouillé. Les bactéries peuvent se conserver dans le sol et les débris de culture. Vieux trognons, racines et feuilles abandonnées ne doivent donc pas rester sur place après la récolte. En production, une seule lésion sur une inflorescence peut dégrader la qualité marchande et compromettre la conservation.

La hernie du chou : le diagnostic se fait sous terre

Un chou qui jaunit et flétrit malgré un sol humide n’a pas forcément soif. Si sa croissance ralentit et que ses racines présentent des renflements ou des tumeurs, suspectez la hernie du chou, liée à Plasmodiophora brassicae. Le problème devient souvent visible tardivement au-dessus du sol, alors que les racines ne remplissent déjà plus correctement leur rôle d’absorption. Les plants peuvent alors paraître en manque d’eau aux heures chaudes, puis récupérer partiellement le soir. Il faut donc examiner les racines plutôt que multiplier les arrosages.

Réduire le risque dans une parcelle contaminée

Il n’existe pas de geste curatif simple sur un plant atteint. Arrachez-le avec le maximum de racines, retirez-le de la zone de culture et ne replantez pas de Brassicacées au même endroit à court terme. La prévention repose sur une rotation des cultures incluant l’exclusion temporaire des autres Brassicacées, sur un sol drainant et sur une bonne aération. Un terrain compact et acide favorise la maladie. Selon les besoins réels du sol, une correction de l’acidité peut être envisagée avec du calcaire, de la dolomie, de la craie, de la cendre ou des algues marines. Le drainage reste indispensable : corriger le pH ne compense pas une terre asphyxiée.

Prévenir les maladies des choux par les gestes de culture

La prévention commence avant l’apparition des symptômes. Espacez suffisamment les plants pour accélérer le séchage des feuilles, arrosez au pied plutôt qu’en pluie fine et intervenez de préférence le matin, afin que l’humidité ne reste pas installée toute la nuit. En bac comme au potager, vérifiez que l’excès d’eau peut s’évacuer. Un paillage régulier limite les éclaboussures de terre porteuses d’agents pathogènes, à condition de ne pas maintenir le collet dans une humidité constante.

  • Après chaque récolte : ôtez trognons, racines et feuilles malades. Ne laissez aucun débris contaminé dans la planche.
  • Au moment de planter : choisissez une zone aérée et non compacte. Évitez de faire succéder une Brassicacée à une autre.
  • Après une pluie prolongée : inspectez les feuilles basses, les cœurs et les inflorescences avant que les lésions ne progressent.
  • Contre les ravageurs : posez un voile ou un filet anti-insectes dès la plantation, puis surveillez régulièrement l’intérieur des feuilles.
  • Pour une régulation naturelle : favorisez coccinelles, syrphes, chrysopes, carabes, staphylins, oiseaux et guêpes parasitoïdes. Le savon noir vise certains pucerons ; le Bacillus thuringiensis est pertinent contre des chenilles ciblées, jamais contre une maladie fongique ou bactérienne.

Enfin, ne multipliez pas les décoctions ou les traitements sans diagnostic. Une pulvérisation inadaptée peut humidifier davantage le feuillage, retarder l’élimination d’un foyer ou ne rien changer à un problème de racines. Face à une maladie des choux, la séquence la plus fiable reste simple : observer, identifier, supprimer ce qui est contaminé, assainir, puis modifier la conduite de culture pour la saison suivante.

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